Mardi 20 novembre 2007
PRO & SOCIETE

Les infirmières obtiennent des revalorisations de salaire… en Finlande !

 
Publié le 20/11/2007

Helsinki, le mardi 20 novembre 2007 – Quel est l’auteur de cette déclaration : « Tôt ou tard, nous devrons augmenter les salaires dans la fonction publique, si nous voulons faire face au manque de personnel, causé par le vieillissement de la population » ? Est-ce Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, réagissant à la participation des infirmières au mouvement de grève générale dans la fonction publique, Eric Woerth, ministre de la Fonction publique ou Xavier Bertrand, ministre du Travail présent ces derniers jours sur tous les fronts ? Aucune de ces trois éminentes figures de la vie politique française ne s’est risquée à ses déclarations qui ont été prononcées la semaine dernière par Pia Viitanen, vice présidente du parti social démocrate finlandais. Le constat semblait témoigner qu’au plus fort du conflit avec les infirmières, la légitimité des revendications de ces dernières semblait être acceptée par tous. Pourtant, malgré la prise de position de Pia Viitanen, nulle issue ne semblait devoir être envisagée encore vendredi, alors que le gouvernement adoptait en urgence une loi autorisant les réquisitions d’infirmières démissionnaires. Les 2 400 infirmières qui ont été informées par lettre recommandée ce week-end de cette nouvelle législation ne décoléraient plus et le porte-parole du principal syndicat, Tehy, se désespérait : « Nous pensions encore aboutir à un accord, mais ça semble très difficile », admettaient ses représentants, peu dupes quant au soutien de l’opinion publique. Alors que le préavis de démission déposé par 10 000 infirmières le 19 octobre, qui devait prendre effet le 19 novembre, menaçait le fonctionnement de nombreux services, notamment dans les hôpitaux d’Helsinki ou une diminution de 40 % des personnels était attendue ce matin, Sari Koivuniemi prophétisait : « Pour le moment, nous avons le soutien de l’opinion publique, mais ça changera avec les premières victimes. Ils espèrent peut-être que nous abandonnerons alors nos revendications ».

Compromis in extremis

Il n’y eut pourtant aucune victime et aucune démission effective : les revendications des infirmières finlandaises, engagées dans ce conflit si dur depuis plusieurs mois ont été entendues. Alors qu’elles réclamaient une augmentation de leurs salaires de 24 % sur deux ans et demi (soit entre 400 et 600 euros par mois), elles ont signé hier avec les communes qui les emploient un compromis qui leur assure une progression de leurs rémunérations de 22 à 28 % sur quatre ans, avec 10 % d’augmentation dès la première année et l’obtention d’une prime de Noël de 270 euros. Satisfaite de cet accord, Jaana Laitinen-Pesola, présidente du syndicat Tehy a tenu à saluer « la très forte volonté et l’énorme engagement » des infirmières. Les communes pour leur part sont soulagées d’avoir pu éviter une très grave crise sanitaire mais soulignent que les augmentations consenties vont peser sur les impôts locaux et en appelle au soutien du gouvernement, qui pour l’heure n’a pas indiqué quelle serait sa position. Enfin, un effet d’entraînement des autres catégories de fonctionnaires est redouté par certaines communes.



L.C.


Par julie Gadet - Publié dans : cni75
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